Tony Valente, un Français dans le monde des mangas

Succès tant critique que public, la série Radiant a d’ores et déjà séduit les lecteurs français mais aussi, chose nettement plus rare, les Japonais. Au point de faire de Tony Valente le premier auteur de manga français à voir ses ouvrages publiés dans le très conservateur pays du Soleil levant. 

Ils se nomment Seth, Alma, Doc et Mélie. Tous sont des sorciers luttant contre une étrange menace tombée du ciel, les Némésis. Dans un monde fantastique où les protagonistes vivent sur de petits îlots perdus au milieu des nuages, la confrontation, sans merci, se prolonge tout au long de rebondissements et de twists qui rythment les 13 volumes déjà parus.

Tony Valente : trouver sa voie parmi les mangaka

Si les albums de la série cartonnent et que, consécration ultime, une adaptation en animé lui a été consacrée, les débuts de Tony Valente ont pourtant été difficiles. Commençant sa carrière professionnelle dès l’âge de 17 ans, ce lecteur insatiable puise ses références tant dans Dragon Ball Z que dans Lanfeust de Troy, la célèbre BD de Didier Tarquin. C’est d’ailleurs cet auteur qui le repère et lui met le pied à l’étrier, lui permettant de trouver un éditeur pour son premier ouvrage, Les Quatre Princes de Ganahan paru en 2004. S’ensuit un nouveau projet, Hana Attori, dont les ventes peinent à décoller. En 2012, Tony Valente collabore avec son mentor Didier Tarquin pour les deux albums de S.P.E.E.D. Angels, mettant en scène les aventures de l’agent secret Jane Blond. 

Conte de fée nippon

Tiraillé entre ses influences tant nippones que franco-belges, peinant à trouver son public, en 2013 Tony Valente décide de se lancer dans un pari risqué : la conception d’un véritable manga comme seuls les Japonais en semblent capables. Il s’y attelle avec toute son énergie, réalisant les dessins et leur colorisation, mais aussi le scenario pour lequel il puise dans les contes de fées, le romanesque et les légendes du folklore européen. 

Entre les lignes, des sujets qui lui tiennent à cœur se dévoilent, tels que le droit à la différence et la lutte contre les inégalités et le racisme. Cette fois, la recette fonctionne et le premier tome de Radiant ravit les lecteurs qui en redemandent. Salons de la BD, rencontres internationales et interviews dans la presse font peu à peu connaître l’incroyable histoire de ce dessinateur de manga toulousain dont les tomes s’étalent sur les rayons des librairies françaises, espagnoles, allemandes, italiennes et, consécration ultime, japonaises. 

Un succès qui n’est pas prêt de s’interrompre

Depuis, Tony Valente passe tout son temps à son manga et à son adaptation télévisuelle, dont il assure la supervision. Diffusée sur la prestigieuse chaîne japonaise NHK, mais aussi sur Game One et Netflix, la série compte déjà 42 épisodes à son actif. Fourmillant de personnages et d’intrigues, l’univers de Radiant se prête à de longues variations qui laissent augurer de nombreux albums à venir. 

Tony Valente fera-t-il aussi bien, voire mieux que son modèle, Eiichirō Oda, dont la série One Piece vient d’atteindre les 95 tomes ? Un seul projet semble en mesure de perturber son rythme de croisière fixé à trois tomes par an : l’adaptation de l’univers de Radiant en jeu vidéo. Un beau futur en perspective pour le mangaka toulousain.

Sources des photos : journaldugeek.com / bdnet.com

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