La Roche-Posay, de l’or en bleu pour l’Oréal

La Roche-Posay n’est au départ qu’une source d’eau minérale située dans une commune éponyme de la Vienne. Devenue une marque en 1974 puis rachetée par l’Oréal en 1989, elle trône aujourd’hui au sommet des dermo-cosmétiques de la planète avec plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires. La Roche-Posay réagit aujourd’hui à la crise sanitaire du Covid-19 et prépare le futur dans un secteur en forte expansion. 

La réputation de l’eau de la Roche-Posay ne date pas d’hier. Du cheval de Bertrand du Guesclin au médecin d’Henri IV en remontant même jusqu’aux romains, les vertus bénéfiques de la source de “l’Or bleu” comme elle est qualifiée dans la région, furent évoquées et identifiées à de nombreuses reprises. Elle semble particulièrement adaptée aux soins de la peau : traitement de l’eczéma atopique ou de l’érythème fessier, propriétés antivieillissement, purification, renforcement… Les curistes s’y pressent par milliers dès le Moyen Âge. 

C’est en fait la forte teneur en sélénium et en oligo-éléments de l’eau en question qui lui confère ses propriétés oxydantes et réparatrices. 1928 voit la naissance des premiers produits cosmétiques formulés à base d’eau de la Roche-Posay, avant que le pharmacien local René Levayer crée la marque la Roche-Posay à proprement parler. C’est enfin en 1989 que l’Oréal rachète celle-ci et l’intègre à sa division “cosmétique active”.

Une progression exponentielle

La marque rachetée par l’Oréal ne compte au départ que quelques produits – moins d’une dizaine – très spécialisés. Sous l’impulsion des équipes et des moyens de recherche et développement du leader mondial des cosmétiques, la Roche-Posay va rapidement élargir sa gamme. Elle va ainsi décliner l’eau de sa source en produits pour le visage, le corps, les cheveux, les bébés, en maquillages ou en protections solaires. Une segmentation de marchés pertinente est aussi mise en œuvre ciblant des peaux et des populations précises : jeunes mamans, athlètes, personnes allergiques, seniors…

Il s’agit de la marque la plus “médicalisée” du portefeuille de marques du groupe. Elle n’est d’ailleurs vendue qu’en pharmacie et parapharmacie, restant à l’écart des circuits de grande distribution classiques. Le succès est au rendez-vous, puisque le chiffre d’affaires a doublé tous les cinq ans depuis, et est passé de 18 millions en 1989 à plus d’un milliards d’euros l’an dernier. 

La Roche-Posay rejoint ainsi les marques milliardaires du groupe comme Lancôme ou l’Oréal Paris notamment, et se pose en numéro un mondial des dermo-cosmétiques devant Neutrogena, Avène ou Eucerin. 

Les défis à venir

Les grands enjeux pour le futur de la Roche-Posay sont de trois ordres qui sont intrinsèquement liés : confirmer, voir améliorer la réussite de la marque en Asie et notamment sur le marché chinois. Il s’agit du deuxième pays consommateurs des produits de la marque. 

L’intégration des nouvelles technologies sera également un point déterminant. L’entreprise expérimente déjà un partenariat avec Apple pour donner naissance à un dispositif qui mesure l’exposition de la peau aux UV et à la pollution. 

Les crises sanitaires enfin, dont on s’aperçoit avec le Covid-19 que la capacité à répondre efficacement et dans l’urgence à des situations extrêmes sera un facteur clé pour toute structure liée à la santé et à la protection corporelle. C’est ainsi que La Roche-Posay a été investie par l’Oréal de la mission de fournir en gel hydroalcoolique les hôpitaux, Ehpad etc., mission revendiquée par Laetitia Toupet, DG de la société : “Le Covid-19 ne fait que renforcer ce qu’on a toujours fait : soutenir les consommateurs et nos partenaires, médecins et pharmaciens, en leur donnant les meilleurs produits mais aussi en étant une marque engagée.

Photos : lesechos.com / loreal-finance.com

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