La Russie et le tennis : une histoire de champions

Daniil Medvedev, le dernier chouchou du tennis russe, est devenu garant d’une illustre tradition nationale. Une histoire de champions qui remonte jusqu’à l’un de leurs plus grands génies de la littérature.

La naissance

Et oui, s’il en est un qui a su promouvoir le tennis en Russie, c’est Leon Tolstoï. L’auteur de Guerre et Paix mentionne déjà ce sport dans le roman Anna Karénine au milieu des années 1870. La « naissance officielle » du tennis russe serait pourtant faite aux alentours de 1878, lorsqu’un groupe d’aficionados organise un tournoi de démonstration à Saint-Pétersbourg.

En 1903, Arthur Davidovich McPherson organise le premier tournoi officiel, toujours à Saint-Pétersbourg et quatre ans plus tard, le premier tournoi national. C’est lui qui fonde la Toute la Russie-Association de Tennis, au début du XXe siècle. Tout simplement le précurseur de ce qui deviendra la Fédération russe de tennis en 2002, actuellement présidée par l’ancien joueur Shamil Tarpischev. Plusieurs grands noms du tennis font partie des 13 vice-présidents, tels que Vladimir Bakuev, Anastasia Myskina ou encore Yevgeny Kalefnikov, mais aussi d’influents acteurs de l’économie russe comme Andrey Bokarev (président de l’entreprise de transport de matériel ferroviaire Transmashholding, ancien président de l’association russe de ski  de 2010 à 2020 et membre du Comité exécutif du Comité olympique russe).

Deux figures majeures chez les hommes…

Le premier joueur soviétique à avoir véritablement marqué l’histoire du tennis se nomme Yevgeny Aleksandrovich Kafelnikov. Premier Russe à devenir numéro 1 mondial en 1999 suite à sa victoire à l’Open d’Australie et avant sa médaille d’or aux Jeux Olympiques de 2000, il est encore aujourd’hui le dernier à avoir gagné le même tournoi du Grand Chelem en catégorie simple comme en catégorie double (Roland-Garros 1996). Son influence perdure après sa retraite puisqu’il a été le coach ponctuel l’autre légende masculine russe, Marat Safin.

Une autre star qui fut numéro 1 du classement ATP entre novembre 2000 et avril 2001, après avoir raflé le titre de l’US Open. Il a également remporté l’Open d’Australie en 2005 et emmené la Russie au titre de la Coupe Davis à deux reprises (2002 et 2006).

Cependant, si le travail mené par la Fédération Russe de Tennis a permis l’éclosion de grands champions, les tenniswomen russes ne sont pas en reste et nombre d’entre elles se sont illustrées au plus haut niveau ces dernières années.

… Et une pléiade chez les femmes

La sœur de Marat, Dinara Safina, a elle aussi été numéro 1 mondial. C’est d’ailleurs la seule fratrie de l’histoire du tennis (avec les sœurs Williams) à avoir accompli cet exploit. Dominante dans les années 2000, les rivalités avec ses deux compatriotes, Svetlana Kuznetsova et Elena Dementieva ont fait la fierté du tennis féminin en Russie. Notamment aux JO de Pékin 2008 où les trois joueuses ont trusté le podium. Entre 2007 et 2009, Safina, Kuznetsova et Dementieva ont chacun atteint leur pic au classement WTA (Women’s Tennis Association), respectivement No1, No2 et No 3.

Impossible évidemment d’évoquer les grandes championnes russes sans parler de Maria Sharapova. Prodige nationale, cette dernière a été l’une des très rares joueuses capables de tenir tête aux sœurs Williams. Sa carrière d’une longévité exceptionnelle commence véritablement lorsqu’elle devient numéro 1 mondial dès l’âge de 18 ans. Une place qu’elle a réussi à atteindre cinq fois au total. Malgré de nombreuses blessures sérieuses en 2009, 2013, 2016 et même l’année dernière, Sharapova est toujours parvenue à revenir sur les courts et joue encore aujourd’hui. Une détermination exceptionnelle qui a poussé de nombreux collègues, masculins comme féminins, à la considérer comme l’une des plus grandes compétitrices de ce sport.

La liste est loin d’être exhaustive tant le tennis féminin est dominé par la nation russe depuis les années 2000. Exception faite des sœurs Venus et Serena Williams. On pense bien sûr à Anastasia Myskina, ancienne numéro 3 et gagnante de Roland-Garros en 2004, ou encore Vera Zvonareva, ancienne numéro 2 en 2010. Sans oublier Anna Kournikova devenue égérie de mode et star de télévision après avoir brillé sur les courts.

La relève Medvedev

Désormais, l’héritier de cette glorieuse tradition est forcément Daniil Medvedev. Professionnel depuis 2014, il a déjà glané sept titres sur le circuit ATP. Il s’était fait fortement remarquer en 2017, à Wimbledon. Alors qu’il venait à peine d’intégrer le Top 50 et pour son premier match de Grand Chelem, il avait éjecté le numéro 3 mondial de l’époque Stanislas Wawrinka. Il a depuis confirmé en battant Djokovic, le numéro 1 mondial à Monte-Carlo et se hissera à la 4e place du classement ATP. La victoire la plus importante de sa jeune carrière, à n’en pas douter.Et bien qu’il soit passé à côté de son premier titre en Grand Chelem en s’inclinant en finale face à Rafael Nadal à l’US Open de 2019, le jeune Moscovite est d’ores et déjà promis à un bel avenir. À la hauteur de l’histoire russe ?

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