Comexposium, un champion français des salons

Salon de l’agriculture, Foire de Paris, SIAL, Milipol, Salon du chocolat… ces noms, vous les connaissez. L’entreprise qui organise ces salons, beaucoup moins.

Avec 400 événements par an dans 27 pays et près de 470 millions d’euros de chiffre d’affaires visés en 2026, Comexposium est pourtant un fleuron français. Récit d’un groupe en pleine transformation, sous l’égide de son directeur général, Pablo Nakhlé Cerruti.

Une ambition mondiale

L’histoire des salons commence au Moyen Âge, avec les grandes foires de Champagne. Celle de Comexposium démarre en 2008, avec la fusion de Comexpo Paris, issu de la CCI de Paris, et d’Exposium, alors filiale d’Unibail-Rodamco. En neuf siècles, la promesse n’a pourtant pas changé : un salon reste l’endroit où l’on signe des contrats, où l’on entretient son réseau et où l’on observe ses concurrents.

De ce constat, Comexposium en a tiré tout le potentiel. Avec 1 200 collaborateurs et 80 marques sous son giron, le groupe organise la rencontre entre 48 000 exposants et 4 millions de visiteurs par an, dans le monde entier. Alors, tandis que 100 000 gourmands se pressaient porte de Versailles pour le Salon du chocolat et de la pâtisserie, une équipe terminait les préparatifs du premier SIAL organisé au Vietnam.
L’art d’exporter ses succès

Le Salon International de l’Agroalimentaire est le meilleur exemple du « géocloning » : prendre une marque qui marche et l’installer sur un nouveau marché, en l’adaptant aux usages locaux. Né à Paris il y a plus de soixante ans, le salon compte désormais sept éditions : Paris, Montréal, Shanghai, Canton, Kuala Lumpur, Manille et Hô Chi Minh-Ville.

D’autres marques suivent le même chemin. Wine Paris a gagné l’Argentine, le Salon du chocolat existe à Dubaï comme à Tokyo, Rétromobile s’est installé à New York.

Le groupe s’est organisé en conséquence. Il a créé des filiales au Vietnam, Arabie saoudite et en Inde, s’est renforcé au Danemark pour mieux comprendre les enjeux des pays nordiques et a restructuré sa filiale aux États-Unis.

L’Asie-Pacifique n’est pas en reste, avec 56 événements organisés dans neuf pays, qui comptent pour 30 % de l’activité. Alors quand l’Europe ralentit, Jakarta, Singapour ou Shanghai prennent le relai de la croissance. En Indonésie, le GIIAS est déjà le troisième salon automobile le plus visité.

Des marques de renommée

Agroalimentaire, éducation, sécurité, mode… les filières d’intérêt sont variés, pour antant pas question de s’éparpiller. La priorité est de miser sur ces communautés tout au long de l’année pour faire vivre les marques et ces filières entre deux éditions d’un salon.

La Foire de Paris est le témoin de cet emblème qui se réinvente. Longtemps associée au concours Lépine, elle a accueilli 400 000 visiteurs en 2026, qui y ont trouvé un salon automobile et un espace consacré au made in France.

En parallèle, certaines marques sont devenues des médias à part entière. Wine Paris publie Voice of the Industry, L’Étudiant prolonge ses salons dédiés à l’orientation par un site et s’adresse à plus d’un million d’abonnés sur ses réseaux sociaux.

La fréquentation n’est donc plus le seul indicateur auquel prêter attention. L’audience en ligne, les conférences et les formations deviennent source de profit.

Un horizon prospère

Cette vision, c’est celle de Pablo Nakhlé Cerruti, qui projette Comexposium comme le gestionnaire de ces marques et communautés. Dans un futur proche, les événements physiques existeront toujours, mais ils ne seront qu’une brique de plateformes plus ambitieuses, aujourd’hui en cours de construction.
Cette transformation repose sur une vingtaine de chantiers et plus de 170 collaborateurs mobilisés. Pour y parvenir, le siège a même été réorganisé autour d’une feuille de route qui tient en quelques lignes : mieux exécuter, développer les marques et renforcer l’identité commune du groupe.

Les revenus s’annoncent donc plus variés. Les abonnements, publications et services sur mesure viendront s’ajouter aux recettes des stands et de la billetterie. Dans cet esprit de conquête, le prochain chantier sera également celui de la donnée. Avec des millions de contacts, Comexposium possède l’une des plus précieuses bases de contacts et de connaissances B2B, dont il compte bien tirer profit.


Une industrie en mouvement

La donnée sert aussi à mesurer l’impact du groupe. Car dans un métier fondé sur la rencontre physique, les trajets et l’hébergement des participants pèsent les deux tiers des émissions du groupe, le fret du matériel près d’un cinquième.

Comexposium a donc choisi de tout mesurer. Près de 20 000 indicateurs sont collectés lors de ses 400 événements pour lui permettre d’agir là où les effets sont les plus notables. En 2025, il est devenu le premier acteur de l’événementiel labellisé Positive Company, avec une baisse de ses émissions de fonctionnement de 37 % en un an. Son ambition : réduire de 20 % l’ensemble de ses émissions d’ici 2030.

Les leviers sont ainsi concrets pour se réinventer et faire bouger les lignes. Le groupe déploie aujourd’hui un stand bas carbone réutilisable, Wine Paris consigne plus de 50 000 bouteilles vides et les rencontres One to One offrent une nuit d’hôtel à ceux qui viennent en train. Alors si depuis 1 000 ans, l’événementiel favorise le commerce, Comexposium fait désormais le pari que la rencontre entre acheteurs et vendeurs peut avoir lieu toute l’année, aussi depuis chez soi.

Les clés du succès de Comexposium

  • Des salons qui deviennent des marques et vivent toute l’année grâce à leurs médias, abonnements et services.
  • Le groupe mise sur la qualité des rencontres plutôt que le nombre de visiteurs : 12 620 rendez-vous d’affaires pour 3 456 participants aux Assises de la cybersécurité.
  • Chaque succès est répliqué à l’étranger et adapté aux enjeux locaux.
  • Quand l’Europe vacille, ces marchés de croissance portent les nouveaux succès de l’entreprise. L’Asie-Pacifique représente déjà 30 % de son activité.
  • De la discipline : pas de dispersion dans de nouvelles filières, et des méthodes communes à tout le groupe.

Poster un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.