Kicstarter l’investissement 2.0

Depuis son lancement en 2009, Kickstarter, le site de crowfunding a récolté plus d’un milliard de dollars. Les sommes collectées ont permis la réalisation de plus de 50 000 projets. Souvent dans des domaines délaissés par les investisseurs classiques. Par l’ampleur de sa réussite, Kickstarter propose une nouvelle manière d’envisager l’investissement.

Parmi les projets soutenus par Kickstarter, Perry Chen, l’un des fondateurs du site de crowfunding (financement collaboratif), est particulièrement fier de Eyewriter. Eyewriter est un système de suivi du mouvement du regard qui permet à une personne de réaliser des dessins numériques uniquement avec les yeux. Le système avait été développé pour le grapheur Tony Quan, atteint d’une maladie dégénérative et paralysé. Eyewriter lui permet aujourd’hui de continuer d’exercer son art.

1 milliard de dollars

Mais ce n’est pas là la seule réalisation du site. Kickstarter permet aux internautes de financer quantité de projets dès le stade de la conception. Un aperçu rapide des réalisations dues à Kickstarter tient de l’inventaire à la Prévert. On y trouve un long métrage tiré d’une série star, Véronica Mars, un film de Spike Lee, un album d’Amanda Palmer, mais aussi la fameuse montre connectée Pebble et même une brosse à dent 2.0 développée par le français Kolibree. Et ce n’est qu’un faible échantillon. Depuis son apparition sur le Net en 2009, le nombre de projets financés par Kickstarter s’élève à 58,069.

Films, danse, théâtre, vidéos

Kickstarter est l’un des grands succès de l’internet des années 2010. Au début 2014, le montant global des fonds levés par la startup dépassait le milliard de dollars. Aujourd’hui ce montant s’élève à 1,027 milliard de dollars. C’est en totalité 138 006 projets qui ont été lancés sur la plateforme depuis 2009. Avec un taux de financement abouti de 43,5%. Parmi ces projets, une grande part concerne les films et vidéos, 33 997, suivi par la musique 28 214. Parmi les projets qui enregistrent le meilleur taux de réussite (il s’agit du nombre de financements achevés comparés au nombre de projets lancés), ceux concernant la danse et le théâtre arrivent en tête avec respectivement 70% et 64% de réussite. Mais si l’on tient compte des sommes levées, ce sont les projets de jeux vidéos qui occupent la première place, puisqu’ils ont attirés depuis 2009, un total de 221,9 millions de dollars. Dernier chiffre, depuis son lancement, Kickstarter a permis à plus de 5,8 millions d’internautes de soutenir un projet, parmi ceux-ci 1,7 million ont financé plusieurs projets.

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Un nouveau type d’investisseurs : les « backers »

Le succès de Kickstarter tient en partie à sa grande simplicité de fonctionnement. Lorsqu’un projet est accepté sur la plateforme, ses créateurs fixent un montant minimum de collecte de fonds, et une date butoir. Si le montant minimum n’est pas atteint, le projet est abandonné. Mais quand le minima est réalisé, voir dépassé, les paiements sont déclenché via Amazon payments. Kicksarter se rétribue en prenant 5% des sommes récoltées. Lorsque le projet est réalisé, les investisseurs reçoivent en retour une « récompense ». Celle-ci peut avoir des formes diverses, un simple tee-shirt, une rencontre avec les concepteurs, un exemplaire du produit, une invitation à une avant-première… La récompense est la seule rétribution que reçoivent les investisseurs. En ce sens, ce ne sont pas des investisseurs classiques, Kickstarter préfère d’ailleurs parler de « backers » (soutien).

Ce statut particulier du « backer » fait partie de la philosophie du projet. Lorsque Perry Chen, Charles Adler et Yancey Strickler, ont lancé Kickstarter, leur ambition était de proposer une alternative aux circuits traditionnels de lever de fonds. La logique qui motive le « backer » n’est pas le profit financier. Il s’agit plutôt d’aider un créateur à faire aboutir un projet. Plus qu’un investissement, c’est un engagement. Cette philosophie a permis à Kickstarter de récolter des sommes importantes pour des domaines souvent délaissés par les investisseurs classiques. La création artistique bénéficie ainsi de soutiens qu’elle n’obtient qu’au compte-goutte dans l’économie « classique ». Si ce n’était que pour ce fait, Kickstarter est sans nul doute une bonne nouvelle.

Commentaires
  1. - par Aurélie

    Kickstarter est un vrai levier pour l’économie numérique. Il nous faudrait la même chose en France ou en Europe.

  2. - par Sarah

    Il nous faudrait la même chose en France, ou en Europe. Aussi simple d’utilisation. Cela serait un vrai moteur pour l’économie numérique.

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