Jean-Marc Wiederrecht

Jean-Marc Wiederrecht : l’horloger qui se joue du temps

Jean-Marc Wiederrecht est une référence dans le monde de l’horlogerie, et les plus grands font appel à ses mécanismes innovants qui ont fait l’objet de nombreux brevets. Le prix Gaia du Musée international d’horlogerie de la Chaux-de-Fonds (Suisse) vient de le récompenser dans la catégorie « Artisanat et création ». L’occasion de découvrir cet amoureux de l’horlogerie qui ne cesse d’inventer de nouveaux mécanismes tout en revendiquant son attachement à une tradition horlogère artisanale.

Depuis 1996, Jean-Marc Wiederrecht dirige Agenhor, un atelier d’horlogerie basé à Genève qui se consacre à l’étude, au développement et à la fabrication de mécaniques horlogères haut-de-gamme, appelées complications, qui viennent en complément des mécanismes horlogers de base. Il est notamment le créateur de l’affichage rétrograde et excentré, de « l’équation de Temps », ou du « Temps universel », et de bien d’autres complications qu’il concocte et réalise à la demande des plus grands marques. Grâce à cette spécialité, Jean-Marc Wiederrecht s’est construit une réputation internationale.

Des modules pour Chopard, Hermès ou Van Cleef & harpels

Né en 1950, Jean-Marc Wiederrecht termine sa formation d’horloger en 1972. C’est l’époque connue sous le nom de « crise du quartz » qui voit la montre à quartz déferler sur le marché de l’horlogerie. Le jeune horloger trouve un emploi chez Châtelain, une entreprise qui fait de l’assemblage et de l’emboîtage pour l’industrie horlogère. Il y reste trois ans. Ce sera son unique employeur. Dès 1978, il se met à son compte en se spécialisant sur l’assemblage et le squelettage de mouvements extra plats. Son premier défi est de réaliser pour Chopard un module de phase de lune qui doit pouvoir être intégré dans le boitier existant. Il ne doit pas faire plus de 0,6 mm d’épaisseur et doit être réglé par le mécanisme de base.

Il se fait une spécialité de ces modules qu’il réalise pour les grandes marques. Dans les années 90, il crée ce qui est devenu son fer de lance : l’indication rétrograde. « J’aimais l’idée d’une vision du début et de la fin d’un temps donné », raconte-t-il dans une interview pour le site horlogerie-suisse.com. Son premier quantième perpétuel bi-rétrograde réalisé pour la maison Harry Winston est une première dans l’horlogerie et marque le début d’une collaboration suivie avec la marque.

Une entreprise familiale et écoresponsable

En 2005, Jean-Marc, l’œil rieur sous sa chevelure poivre et sel assortie d’une moustache, crée pour Van Cleef & Arpels sa première « complication poétique » baptisée « Le Quantième des Saisons ». Car pour lui « les complications poétiques matérialisent des techniques horlogères avancées dans le but d’arrêter le temps, d’en parler, d’y penser ».

L’entreprise Agenhor emploie aujourd’hui une trentaine de personnes dans un bâtiment écoresponsable. Familiale, l’entreprise compte également parmi ses rangs sa femme et ses deux fils. Agenhor fabrique ainsi plus de 7000 modules par année, tous exclusifs et fabriqués sur commande. Les modules sont généralement assemblés par Agenhor, le client fournissant les boîtiers et mécanismes de base.

Jean-Marc Wiederrecht a volontairement laissé de côté la fabrication de mécanismes de base pour se consacrer à la conception de modules, toujours dans un subtil équilibre entre tradition et innovation.

Le « Temps suspendu »

Au titre de ses plus emblématiques réalisation, Jean-Marc Wiederrecht a créé pour Hermès « Le Temps suspendu », un module qui suspend les aiguilles des heures et des minutes pour une durée choisie. Ce concept requiert un mécanisme particulièrement sophistiqué, et a été protégé par deux brevets, l’un pour l’architecture, l’autre pour les dents d’engrenage à rattrapage de jeu. Le mécanisme rétrograde à 360° des heures et des minutes, fait disparaître le temps sans interrompre la marche du mouvement. 

Reconnu par ses pairs, il a reçu de nombreuses distinctions depuis 1996 et est régulièrement primé au grand prix d’horlogerie de Genève. Malgré cela, Jean-Marc Wiederrecht continue son parcours de créateur discret et exigeant.

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