SpaceX prend de l’avance dans la privatisation de l’espace

SpaceX, la société fondée par Elon Musk, a transporté avec succès deux astronautes jusqu’à la Station spatiale internationale. Une étape clé pour l’acteur privé qui renoue avec une tradition de conquête spatiale sensiblement délaissée par les États-Unis ces dernières années.

Projet « Launching America »

Bob Benhken et Doug Hurley, anciens pilotes militaires et amis de longue date, sont les premiers astronautes à avoir rejoint la station située à quelques 400 kilomètres de la Terre, à l’aide d’un véhicule construit par une société privée. Le lancement du vaisseau Crew Dragon a eu lieu le 30 mai et a été suivi en direct sur plusieurs chaines Youtube (y compris celle de la NASA) par environ six millions de spectateurs. Leur capsule s’est arrimée à la Station spatiale internationale à 16h16, heure de Paris. Après de nombreuses vérifications, les deux astronautes ont pu rejoindre les actuels habitants de la station, un autre Américain et deux russes, pour une photo commémorative.

C’est la première fois depuis 2011 qu’un vaisseau made in USA envoie des hommes vers l’ISS. En effet, au cours des neuf dernières années, les astronautes rejoignaient la station spatiale internationale uniquement à bord des vaisseaux Soyuz, des véhicules fabriqués depuis les années 60, depuis l’époque de l’Union Soviétique.

La réussite de la mission offre enfin aux États-Unis un succès longtemps attendu, alors que la popularité de Donald Trump subit une nette baisse suite à la récente crise sanitaire du Covid-19. Lui, qui avait déjà annoncé son envie d’ajouter une division spatiale à son armée, n’a pas manqué de s’enorgueillir de la réussite d’Elon Musk pour son pays.

Quoi qu’il en soit, c’est surtout SpaceX qui profitera le plus de ce succès. En resserrant encore ses liens avec la NASA, Elon Musk coiffe Boeing sur le poteau, et prend une avance considérable sur les autres entreprises cherchant à faire de l’espace leur propriété.

Vers une privatisation de l’espace ?

Car SpaceX est loin d’être la seule société privée à se lancer à la conquête de l’espace. Si Elon Musk prévoit d’envoyer des humains pour coloniser Mars d’ici 2024, d’autres envisagent une approche plus touristique. C’est par exemple le cas de Virgin Galactic qui propose de passer quelques minutes en apesanteur à bord d’une navette spatiale – une expérience pour l’instant réservée à une élite.

La société Blue Origin, fondée par Jeff Bezos à qui l’on doit également Amazon, veut également envoyer des touristes en orbite. Leur fusée, nommée New Shepard, a atteint l’espace en avril dernier. Blue Origin entend commencer à proposer des croisières spatiales dans quelques mois.

La Russie quant à elle, historiquement pionnière de la conquête spatiale, a aussi vu naître sur son sol des initiatives liées à la reconquête de l’espace. Ainsi, Roscosmos, l’agence chargée du programme spatial russe, a délivré en 2017 la toute première licence de tourisme spatial à la société Kosmokours. Cette licence leur permet entre autres de créer un complexe spatial suborbital réutilisable.

Kosmokours travaille actuellement à l’élaboration d’un vaisseau pouvant embarquer six touristes et un instructeur-pilote. Les voyageurs spatiaux auront ainsi l’occasion d’effectuer un vol d’une durée de 15 minutes et de passer 5 à 6 minutes en apesanteur. Le premier vol est prévu entre 2021 et 2022. Ce projet est vivement soutenu par des personnalités importantes du pays telles que l’homme d’affaires Iskander Makhmudov par le biais de la fondation Skolkovo. Une fois le projet sur rails, la société prévoit un flux d’environ 700 touristes spatiaux chaque année. L’ultime frontière est donc en bonne passe d’être franchie… à nouveau !

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