Daniil Medvedev : déjà un grand champion

À seulement 24 ans, le jeune moscovite a débuté la saison 2020 avec une entrée fracassante dans le top 5 du classement ATP. Entre son caractère bien trempé et son talent indéniable, Daniil Medvedev ne laisse personne indifférent !

Les débuts

Fils de Sergeï et Olga Medvedev, Daniil n’a aucun lien de parenté avec Andreï Medvedev, ancien numéro 4 mondial dans les années 90. Il commence le tennis à six ans, alors que ses parents le poussent pourtant plutôt vers la natation. Il étudie à domicile la physique et les mathématiques en accéléré, ce qui lui permet de consacrer plus de temps au sport. Ce n’est que lorsqu’il rentre à la faculté d’économie qu’il peine à concilier études et raquette. Daniil doit trancher. Et pour le plus grand plaisir des fans de la balle jaune, il choisit de se concentrer uniquement sur le tennis.

La Russie est un pays qui a vu naître de très grands champions à l’image de Maria Sharapova ou de Marat Safin pour ne citer qu’eux. La fédération russe de tennis présidée par Shamil Tarpischev (ancien joueur de tennis soviétique) et son vice-président Andrey Bokarev ont à cœur de faire émerger des talents, futurs ambassadeurs de la Russie.

Daniil Medvedev a 20 ans lorsqu’il lance véritablement sa carrière professionnelle avec une qualification pour son premier tournoi ATP à Nice, en mai 2016. C’est un an plus tard, en 2017, que le grand public découvre « l’Ours » Daniil Medvedev, alors qu’il crée la surprise en éjectant Wawrinka du premier tour de Wimbledon. Il se fait également remarquer après sa défaite au tour suivant, après avoir jeté des pièces aux pieds de l’arbitre, insinuant qu’il est corrompu. Un geste d’une subtilité toute relative qui lui vaudra 15 000 dollars d’amende.

A la suite de ce tournoi, il demande la main de Daria, sa compagne depuis 2014. Comme lui, elle parle parfaitement le français. Le couple vit à Monaco depuis 2017, et c’est à partir de ce moment-là que la cote de Daniil explose.

L’étoffe d’un champion

En 2018, il rafle ses premiers titres. D’abord à Sydney, puis au tournoi de Winston-Salem aux États-Unis et enfin à Tokyo. Il récidive l’année suivante à Saint-Pétersbourg et s’offre deux masters 1000 à Cincinnati puis Shanghaï, et surtout, il connaît sa première finale de Grand Chelem à l’US Open. Il pousse Rafael Nadal jusqu’au cinquième set et finit par s’incliner après plus de cinq heures de jeu, au terme desquelles il se hisse à la quatrième place du classement ATP. Alors qu’on lui prédisait une défaite sèche et rapide, Medvedev se bat comme un lion (ou un ours) et toute sa hargne explose aux yeux du monde.

En effet, le géant moscovite (1m98 pour 85 kilos) n’a pas le jeu le plus léché du circuit mais l’un des plus efficaces. En coup droit comme en revers, ses gestes sans fioritures propulsent la balle avec vitesse et précision. Il se déplace avec une aisance tout aussi impressionnante, ce qui le rend très solide en fond de court.

Et pourtant, c’est peut-être mentalement que le jeune Medvedev est déjà supérieur à bien d’autres joueurs. Si son caractère trempé est maintenant connu dans le monde du tennis, attention à ne pas le confondre avec de la fragilité ! Lors de l’US Open 2019, par exemple, il arrive en finale après avoir joué ses derniers matchs sous les huées du public. Aussi imperturbable face aux sifflets que face aux attaques de ses adversaires, Daniil peut encaisser les coups tel un boxeur avant de s’adapter en cours de match comme le ferait un joueur d’échec. Il passe alors à la vitesse supérieure et montre toute l’agressivité de son jeu de contre.

En somme, le jeune prodige entraîné par le Français Gilles Cervara a déjà toutes les qualités d’un numéro un et ne devrait pas tarder à remporter un tournoi du Grand Chelem. Après l’interruption de la saison 2020, Medvedev a terminé l’année sur deux victoires majeures : au Masters de Paris-Bercy ainsi qu’au Masters de Londres.

Comme un symbole, cette dernière victoire en finale était face à Dominic Thiem, actuel n°3 mondial et dernier obstacle de Daniil sur la route du podium ATP. Autant dire que l’Autrichien a du souci à se faire !

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