Bernard Gautier

Bernard Gautier, un serial entrepreneur dans le monde de l’investissement

L’ex-numéro 2 de Wendel, l’un des plus grands groupes cotés de private equity en Europe, doit son succès d’investisseur à un esprit entrepreneurial qui ne l’a jamais quitté. 

Entrepreneurs et investisseurs sont souvent considérés comme deux catégories distinctes, les uns mettant en œuvre ce que les autres se contentent de soutenir ou d’appuyer. Mais il faut souvent avoir l’esprit de l’un pour bien faire le métier de l’autre : c’est l’enseignement intemporel de la méthode prônée par Warren Buffett, “investir plutôt que spéculer” – une référence importante aux yeux de Bernard Gautier.

Étudiant et entrepreneur : les années Supélec de Bernard Gautier

Son parcours est celui d’un serial entrepreneur français devenu serial investisseur. Dès ses années en école d’ingénieur, à Supélec, Bernard Gautier s’est lancé dans la création d’un journal étudiant qui allait rapidement devenir une entreprise à part entière : “Cactus”. De l’idée initiale, celle d’un mensuel “curieux, apolitique et caustique” des mots mêmes de son fondateur, Bernard Gautier a su faire émerger une organisation de 50 personnes, pour une circulation d’environ 50 000 exemplaires.

Bernard Gautier (droite) son associé Olivier Allard (gauche) dans les bureaux de Cactus Photo parue dans un article de Ruth Elkrief pour Libération (1982).

À la même période, Bernard Gautier était élu président de la Confédération Nationale des Junior Entreprises de France (CNJE). Elle regroupait alors les associations de quelque 50 grandes écoles, et réunit aujourd’hui celles de plus de 150 établissements.

Bernard Gautier est également à l’initiative du Forum Supélec, qu’il a créé et dont il a été le premier président. Le succès du Forum, qui accueillait entreprises et étudiants pour servir de porte d’entrée vers le monde professionnel, ne s’est jamais démenti, et son histoire se prolonge aujourd’hui en commun avec celui de Centrale après le rapprochement des deux écoles.

Du consulting à l’investissement

Depuis ces premières expériences, le goût de la création entrepreneuriale n’a plus quitté Bernard Gautier et semble avoir guidé son parcours, difficile à encadrer par les limites attendues du “chemin de carrière” traditionnel.

Passionné par les nouvelles technologies, et en particulier par l’émergence du secteur alors naissant de l’information-communication, Bernard Gautier a fait de ses années en tant que consultant en stratégie et transformation l’occasion de développer de l’intérieur les entreprises auxquelles il appartenait. C’est ainsi que, guidé par son intuition sur l’importance que prendrait ce domaine, Bernard Gautier est devenu co-leader au niveau mondial du secteur Technologie, Médias & Télécoms du géant du consulting Bain & Company.

Lors de son entrée dans le monde de l’investissement proprement dit, chez le fonds de venture capital Atlas Venture en 2000, Bernard Gautier amenait donc avec lui non seulement l’énergie de l’entrepreneur, mais aussi son œil, exercé à détecter les grandes tendances du monde économique et de certains de ses secteurs les plus vitaux. Et c’est en entrepreneur que Bernard Gautier mène depuis ses stratégies d’investissement. 

La croissance à long terme, objectif invariable dans les investissements de Bernard Gautier

À la fois investisseur individuel, fondateur de ses propres structures et responsable pendant vingt ans des investissements du groupe coté de private equity Wendel en tant que numéro deux, Bernard Gautier privilégie toujours une approche de long terme. Sa méthode s’appuie avant tout sur la confiance : identifier des entreprises porteuses, entrer dans une relation de dialogue avec le management, et identifier les voies du développement futur pour adopter une stratégie de financement et de gestion adéquate. 

C’est cette méthode qu’il a appliquée à de nombreuses entreprises : Stahl, spécialiste des traitements pour le cuir aujourd’hui leader sur son marché ; IHS, première entreprise d’infrastructures de communication sur le continent africain ; Deutsch, fabricant de connecteurs électriques résistants aux environnements extrêmes… 

Dans le cas de ces entreprises comme dans celui de beaucoup d’autres, l’accompagnement de Bernard Gautier se mesure sur plus de dix ans, et porte des fruits visibles à la fois par les bons résultats financiers de Wendel sur la période et par le développement bien réel de ces sociétés au point de vue industriel. Alors que Stahl, Deutsch, Constantia, Editis ou encore IHS connaissaient un robuste développement avec Bernard Gautier comme représentant de Wendel à leur capital, Wendel elle-même connaissait une croissance constante et soutenue, passant d’une valeur d’entreprise d’un milliard d’euros à sept milliards en moins de quinze ans.

De serial entrepreneur à serial investisseur, Bernard Gautier a ainsi appliqué les méthodes du patron d’entreprise au métier de patron de fonds. Aujourd’hui investisseur privé après son départ de Wendel en 2019, il est un des noms français importants de l’investissement private equity de long terme, et ses positions de marché sont observées par ses pairs.

Poster un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.