Basketball féminin : la Russie rayonnante en club, à l’arrêt en équipe nationale

Alors que l’Eurobasket féminin s’est terminé cet été sur la victoire de l’Espagne, la sélection russe a encore déçu avec une élimination en quarts de finale et symbolise le contraste des performances affichées entre compétitions interclubs et internationales.

Première équipe au classement FIBA avant l’édition 2019 du championnat d’Europe de basketball, la Russie faisait partie des équipes favorites aux côtés de la France et de l’inévitable équipe espagnole.

Une campagne sans saveur

Tenante du titre, « la Roja » n’a été inquiétée par aucune équipe durant ce mondial, elle conserve donc son titre, au détriment du suspens. Les amateurs de basket-ball étaient tout de même en droit d’attendre plus de la Russie : sortie difficilement de sa poule avec une seule petite victoire, l’équipe a peiné à rassurer en huitièmes face à l’Italie. Elle parvient à l’emporter mais est ensuite surclassée par la formation ibérique pourtant privée de sa star, Alba Torrens. La Russie n’a tout simplement pas existé durant ces quarts de finales.

S’inclinant 54 à 78, le dernier match des joueuses russes est à l’image de leur compétition, à oublier. Depuis 2012, la Russie peine à renouer avec ses succès passés, pourtant nombreux. Comment expliquer ce déclin ? Voici quelques pistes de réflexion.

La retraite de Maria Stepanova, ou la fin d’une ère

Pendant treize ans, les joueuses russes étaient craintes de toutes les grandes équipes européennes ! Elles sont par excellence, l’équipe à battre dans toutes les compétitions internationales de 1998 à 2011. Durant cet âge d’or, la sélection blanche et rouge ne manquera le podium qu’à deux reprises.

Durant cette période, pas moins de sept médailles aux championnats d’Europe, trois en or, trois en argent, et une en bronze sont remportées par les joueuses russes. S’ajoutent à celles-ci deux médailles de bronze aux jeux Olympiques, à Athènes en 2004 et en Chine en 2008. Enfin, avec trois médailles d’argent aux championnats du monde en 1998, 2002 et 2006, vous comprendrez la frustration actuelle des supporters russes.

L’équipe a longtemps été un modèle de régularité et d’excellence, dirigée par l’étoile du basket féminin : Maria Stepanova. Hélas, depuis 2012 et la retraite internationale de son pivot star, souvent considérée comme la plus grande joueuse de l’histoire du pays, la Russie n’a plus obtenu aucune médaille.

Bien que l’équipe internationale soit à la peine, les amateurs de basket-ball russes peuvent trouver du réconfort dans les performances de leurs clubs.

Les clubs russes qui dominent depuis les années 2000

C’est bien un club russe, l’UMMC Iekaterinbourg qui pointe à la première place du basket féminin en Europe. Le club règne également sans partage sur la ligue nationale : il est en effet sacré champion de Russie sans interruption depuis 2009. Un tel succès aurait-il vu le jour sans le parrainage de l’UMMC ? L’Ural Mining and Metallurgical Company est l’une des plus importantes entreprises russes du secteur minier, fondée et présidée par Iskander Makhmudov, homme d’affaires très connu en Russie pour ses activités de philanthropie.

En Euroligue (compétition interclub regroupant les 16 meilleures équipes d’Europe) l’UMMC Iekaterinbourg affiche une domination à peine moindre. Quintuple champion, le club a gagné trois des quatre dernières finales. Leur seul faux-pas, en 2017 (pourtant à domicile) a permis à leurs compatriotes du Dynamo Koursk d’obtenir leur premier titre européen.

C’est bien simple, depuis 2014, il y a toujours un club russe en finale de la plus prestigieuse compétition européenne. Si vous souhaitez remonter un peu plus loin dans les années 2000, vous ne pourrez occulter les quatre titres consécutifs du Spartak Moscou, de 2007 à 2010. Vous devrez aussi ajouter les deux finales du CSKA Samara, avec une victoire à la clef en 2005, et une deuxième place en 2006. La dernière finale d’Euroligue en date : Iekaterinbourg contre… le Dynamo Koursk ! En bref, le basket en club se porte bien en Russie.

Dominant en club, le basket féminin russe se doit de retrouver la première place ou au moins le podium en équipe nationale, réponse aux prochains Jeux olympiques de 2020 à Tokyo ?

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