Tony Fernandes : la fortune au fil de l’audace

Avec des entreprises dans l’aviation, le sport, les boissons… Tony Fernandes est l’un des hommes d’affaires les plus médiatisés au monde. Derrière le style décontracté et volontiers gouailleur du patron d’Air Asia, se cache un redoutable entrepreneur qui, en à peine dix ans, s’est bâti un véritable empire.

« Au départ, elles ont dit que nous allions mourir ». Elles, ce sont les banques que Tony Fernandes consulte au moment où il veut racheter Air Asia. L’homme d’affaires malaisien, casquette de base-ball vissée sur la tête, en sourit encore. Il l’admet volontiers, le pari était osé. Quand il rachète Air Asia en 2001, la compagnie qui appartient alors au gouvernement malaisien, ne compte que deux Boeing et… 11 millions de dollars de dettes. Plus de dix ans après, Air Asia affiche des résultats record (+238% après impôts en 2012). La compagnie a de plus été déclarée en 2013, meilleure compagnie à bas couts en Asie.

Rêve de gosse

Tout commence par un rêve de gosse. A six ans, lorsque son père, médecin, demande à Tony Fernandes ce qu’il compte faire « quand il sera grand », celui-ci répond qu’il veut avoir une entreprise d’avions. Prédiction ? Trente ans plus tard, la boutade du gamin devient une réalité. Entre temps, le parcours de Tony Fernandes aura été celui, assez classique, d’un enfant de la bourgeoisie de Kuala-Lumpur où il est né le 30 avril 1964.

A quinze ans, il part faire ses études en Angleterre. En 1987, il sort diplômé de la London School of Economics. Il entre alors comme comptable chez Virgin. Il a l’occasion d’y rencontrer Richard Branson, l’iconoclaste patron de Virgin, dont l’audace l’inspirera plus tard. En 1989, il rejoint Warner music dont il devient le vice-président pour la zone Asie du Sud-est. Mais l’industrie musicale s’embourbe face à la montée d’internet. Warner est rachetée par AOL, Tony Fernandes quitte le navire en 2001.

C’est cette même année, qu’il va avoir l’intuition qui fera sa fortune. Il est dans la zone de transit de l’aéroport de Barcelone et il observe les voyageurs européens, et notamment ceux, nombreux, qui ont choisi une compagnie à bas coûts. Le concept l’inspire, il décide de l’importer en Malaisie. Mais le gouvernement malaisien ne lui procure pas d’autorisation. Qu’à cela ne tienne, il va racheter une compagnie du gouvernement. C’est ainsi que commence l’aventure d’Air Asia et la nouvelle vie de Tony Fernandes.

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Fortune personnelle : 615 millions de dollars

Car Tony Fernandes a vu juste, l’Asie est prête pour s’envoler. Selon le patron d’Air Asia, il y a sur le continent un réservoir de 500 millions de personnes qui attendent des prix abordables pour voyager. En 2013, Air Asia a transporté 40 millions de passagers. En un peu plus de dix ans, la compagnie est passée de deux appareils à 120. Une flotte qui devrait considérablement augmenter d’ici 2026, puisque Tony Fernandes attend pour cette date la livraison de pas moins de 356 airbus !

Le succès d’Air Asia a fait la fortune de Tony Fernandes, estimée par le magazine Forbes à 615 millions de dollars US. Tony Fernandes avait promis de ne pas imiter la boulimie d’affaires de son rival préféré, Richard Branson. Il déclarait vouloir se concentrer sur un seul secteur d’activité, l’aviation. Le goût d’entreprendre l’a semble-t-il emporté sur les bonnes résolutions. Tune Group, la holding qu’il a créée, regroupe des activités dans l’aviation, la formule 1, avec l’équipe Team Lotus, devenue ensuite Caterham, l’hôtellerie, l’assurance, le crédit, les médias, le football, avec l’équipe professionnelle anglaise Queens Park Rangers et même les soft-drink, avec la boisson énergisante EQ8. Et le bouillant homme d’affaires ne compte pas s’arrêter là. Il a déjà signé un accord avec Renault pour relancer la marque Alpine, dont un nouveau modèle devrait être commercialisé en 2016.

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Tout est possible !

Quand on lui demande sont secret, Tony Fernandes répond par une pirouette : « avoir de bonnes idées c’est bien. Mais si vous êtes mal entouré, cela ne sert à rien ». Et pour s’entourer, l’homme fait dans le non classique. Il avoue avoir recruté des personnes au flair, dans des endroits improbables, comme une file d’attente d’un guichet.

S’il se présente sur son compte Twitter comme un rêveur, il dit aussi devoir beaucoup à sa mère. Sa mère, passionnée de musique, avait convaincu des artistes comme Ray Charles, The Platters, de séjourner dans la famille lorsqu’ils se produisaient en Malaisie. En voyant de si grandes stars se laisser convaincre par cette femme qui vendait des Tupperware, Tony Fernandes a acquis la conviction que tout était possible. Avec lui, on est tenté de le croire.

Commentaires
  1. - par Brando

    Un parcours fantastique. 615 millions de dollars avec une idée!!!

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