évaluation des entreprises lors des entretiens

Les chiffres qui prouvent l’évaluation de l’entreprise lors des recrutements

Quand le recruteur et le candidat se rencontrent, leur objectif principal est le même : conclure un contrat de travail intéressant pour eux. Chacun va donc évaluer la capacité de l’autre à lui apporter une collaboration satisfaisante. Le cabinet de recrutement Robert Walters a interrogé 2355 candidats et 180 employeurs sur leur pratique du processus de recrutement pour en tirer des enseignements permettant une évolution des pratiques. Certaines réponses (délai de recrutement, nombre d’entretiens, rencontre des subalternes par exemple) laissent cependant à penser qu’il s’agit de recrutement niveau encadrement et une extrapolation à tout corps de métier demande donc un peu de prudence.

L’entretien d’embauche est avant tout un moment de rencontre entre un futur salarié potentiel et l’entreprise qui a besoin de compétences. C’est l’occasion de faire connaissance et de préciser les points de la future collaboration. Mais ce que la plupart des entreprises occultent, c’est qu’elles vont être évaluées autant qu’elles évaluent, voire peut-être même plus. A elles de séduire les plus talentueux!

96% des candidats évaluent l’entreprise lors de l’entretien

En effet, pour 96% des candidats interrogés par le cabinet Robert Walters, la perception de l’entreprise lors de l’entretien est importante ou essentielle. Ils sont d’ailleurs très impliqués et préparent leur entretien, principalement avec le site Web (98%), la presse (62%), les relations personnelles ou professionnelles (58%) mais aussi, et c’est peut-être une caractéristique de la population interrogée, les rapports annuels et communications financières pour 52% d’entre eux ou, pour 44%, avec les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn et Viadeo)

D’ailleurs 94% des candidats apprécient avant tout la personnalité du recruteur et ils vont être 82% à être contrariés s’il est en retard. Ils attendent de lui une approche professionnelle et courtoise d’autant plus que 36% d’entre eux ont déjà été confrontés à un manque de respect ou de correction et, pour 24% des candidats, à des questions déplacées, sans rapport avec le poste ou leurs compétences.

Si, pour les candidats, le responsable hiérarchique direct (N+1) est le plus important à voir – suivi du (N+2) puis du responsable des ressources humaines- les collaborateurs directs et membres de l’équipe viennent ensuite – alors que du côté recruteurs ces deux dernières catégories sont totalement accessoires !

97% attendent du recruteur une bonne connaissance du poste à pouvoir car 99% veulent des informations précises et 99% pouvoir poser librement leurs questions. A comparer aux 83% de candidats et 79% d’entreprises qui pensent que l’entretien est un moment idéal pour recevoir des informations sur les avantages liés au poste.

Cela met évidemment en valeur la compétence en recrutement du recruteur et certains seront peut être surpris d’apprendre que, si 42% des entreprises forment leur personnel aux techniques de recrutement, 49% ne le font pas et que 9% des recruteurs sont incapables de répondre à cette question de la formation ! Cela renforce l’absence de guide du recrutement, présent dans uniquement 28% des entreprises interrogées.

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Un processus de sélection à double tranchant

L’évaluation de l’entreprise va continuer à se déployer au fil du déroulement du processus de sélection tout autant que celle du candidat. Etonnamment, recruteur et candidats ne sont pas totalement unanimes sur l’évaluation du candidat lors de l’entretien. L’attitude ou la personnalité est estimée importante ou essentielle par 100% des entreprises mais seulement 96% des candidats. La motivation apparaît plus chez les candidats qui s’accordent à 95% à lui donner un caractère primordial alors qu’elle ne compte pour essentielle ou importante que chez 91% des entreprises. Les compétences sont le critère majeur pour 98% des entreprises et pour seulement 96% des candidats.
Ces différences, qui pourraient paraître légères au premier abord, sont néanmoins révélatrices d’une appréciation différente sur la qualité d’adaptation, de formation et d’intégration lors de la prise de poste.

Un processus parfois frustrant et décourageant pour le candidat

Dans l’idéal, 49% candidats souhaitent rencontrer 2 recruteurs, surtout lors du même entretien, alors que pour les entreprises, l’avis fluctue entre 1 recruteur pour 23%, 2 pour 24% et 3 pour 33% des entreprises. Toujours pour les candidats, le nombre optimal d’entretiens avant de recevoir une proposition d’emploi monterait à 2 entretiens pour 38% et à 3 entretiens pour 49%.

Ils attendent surtout un retour : 99% d’ entre eux le réclament ! Et si possible par téléphone, pour 84%, ce qui leur permet d’échanger sur leur performance et de s’améliorer si besoin, plutôt que par un mail, souvent générique, souhaité uniquement par 12% des candidats. Les entreprises ont donc une belle marge de progrès puisqu’elles ne sont que 57% à faire un feedback et que 79% des candidats avouent être restés sans retour sur certains recrutements. Belle possibilité de progression aussi sur le délai de réponse : alors qu’il est espéré à 33% dans les 3 ou 4 jours suivants l’entretien et à 33% dans les 5 à 7 jours, les faits le font apparaître à 25% dans les 5 à 7 jours et surtout pour 31% dans les 8 à 14 jours.

Réussir ses entretiens, un enjeu d’image et d’attractivité pour l’entreprise

L’influence globale du processus de recrutement est important pour toute entreprise : une mauvaise expérience ferait l’objet d’une contre publicité puisque 92% des candidats en parleraient à leur entourage. Ce serait aussi la perte du candidat idéal avec 78% de risque qu’il décline la proposition d’emploi.

Enfin le temps accordé à l’ensemble du processus joue aussi. Le délai depuis la parution de l’annonce jusqu’à la proposition serait dans l’idéal de 3 à 4 semaines pour 33% des candidats alors qu’en réalité cela ne correspond qu’à 14% des processus finalisés. La majorité des candidats (53%) acceptent un processus de 1 à 2 mois, ce qui se produit à 47% dans la réalité, mais ils ne sont que 9% à accepter le délai de 3 à 4 mois pourtant présent dans 30% des faits. Cela conduit 57% des candidats à envisager de décliner une offre parvenue suite à un délai de recrutement trop long, certains parlant de dysfonctionnement ou de désorganisation entraînant un mauvais environnement de travail.

Sur un marché du travail où les talents sont fortement sollicités, l’attractivité d’une entreprise est donc bien dépendante de la qualité humaine et organisationnelle de son processus de recrutement, cette étude mettant en relief le professionnalisme de la majorité des candidats.

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