Legalstart.fr ou comment créer son entreprise en moins de 10 minutes

Comment créer son entreprise ou son association ? Quel statut adopter ? Comment en changer ? Autant de questions qui nécessitent souvent l’intervention d’avocats spécialisés et coûteux pour un entrepreneur. C’est pour cette raison que trois amis, Timothée Rambaud, Pierre Aïdan et Stéphane Le Viet, ont décidé de lancer Legalstart, la première plate-forme juridique en ligne qui vient en aide aux petites et moyennes entreprises (TPE-PME).

Ils estiment aujourd’hui que 10 % des entrepreneurs français passent par leur site pour faire appel à des services juridiques. Sur legalstart.fr, il est possible de créer son entreprise en 48 heures et à partir de 149 euros. C’est dix fois moins qu’en passant par un conseil traditionnel. Legalstart fait aujourd’hui partie des 100 start-up françaises dans lesquelles le magazine Challenges conseille d’investir. Elle compte déjà 23 personnes à son actif et plus de 10.000 clients.

Tout est né à New-York

Les trois co-fondateurs de Legalstart se rencontrent en 2003 à New-York. Pierre Aïdan finit alors ses études de droit à Harvard et commence sa carrière avocat d’affaires dans un grand cabinet, Stéphane Le Viet vient d’être embauché chez McKinsey après ses études à Harvard où il a rencontré Pierre, et Timothée Rambaud, commence sa carrière dans la gestion de fonds d’investissements chez Goldman Sachs. Devenus colocataires, les trois amis ont vite envisagé de travailler sur un projet commun.

En 2012, ils créent leur entreprise avec ces données en tête : 93 % des Français estiment que les frais d’un avocat sont trop chers et 91 % que les démarches juridiques et administratives sont trop lourdes. Pourtant, il est également estimé que 85 % des documents juridiques sont standards. Utiliser ces standards pour simplifier les formalités de création de structures semblait logique. Au total, les trois co-fondateurs auront mis dix-huit mois à peaufiner les formules pour générer automatiquement les documents accessibles sur leur site.

Aujourd’hui, chacun à sa spécialité : Timothée Rambaud s’occupe du développement commercial, Pierre Aïdan du développement juridique et Stéphane Le Viet du développement technologique.

Quels services ?

L’idée était donc simple : dématérialiser les démarches standards des entrepreneurs pour les rendre plus simples et souvent moins coûteuses. Parmi les services les plus populaires de Legalstart, on compte la création d’entreprise, d’associations ou encore la possibilité de déposer une marque, de modifier les statuts de sa société ou de recouvrer une facture impayée. La plateforme dispose également d’une quarantaine de fiches et guides pratiques détaillés (guide du choix de la forme sociale, devenir travailleur indépendant, créer sa société, gérer ses locaux, fiscalité de l’entrepreneur etc.), d’une ligne téléphonique et d’un tchat sur lesquels des experts basés en France, mais également des avocats, des notaires et des experts-comptables répondent aux questions des entrepreneurs. Ils peuvent d’ailleurs les accompagner dans la rédaction de contrats, de pactes d’actionnaires ou lors d’un changement de direction.

Résultat : en un peu plus d’un an, la start-up a franchi la barre des 10.000 clients. Elle a également signé des partenariats stratégiques qui lui permettent de cibler de nouveaux clients. Par exemple en 2017, Legalstart a mis en place un partenariat avec la banque Qonto, spécialisée dans les services financiers pour les professionnels, lui permettant d’offrir un service complet à ses clients : de la création juridique au dépôt du capital social d’une entreprise nécessaire à son processus d’immatriculation.

Mais attention, la start-up n’est en rien une société de conseil juridique, domaine considéré bien trop aventureux par ses fondateurs qui ne souhaitent pas s’attirer les foudres de la profession, qui a déjà du mal à se faire à l’apparition des start-up juridiques.

Qu’en disent les professionnels du droit?

Avec ses services en ligne, Legalstart « casse les prix » des formalités juridiques et elle n’est pas la seule plateforme à le faire. C’est ce qui fait craindre une « uberisation » du secteur au Conseil national des barreaux, qui représente la profession d’avocat. Car, contrairement à ces professionnels du droit, les start-up juridiques ne sont pas soumises aux règles de déontologie et ne sont en aucun cas responsables en cas de faute ou d’erreur.

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