Le stylo Bic : le succès d’une sacrée tête de bille

Je me suis vendu à plus de 100 milliards d’exemplaires dans le monde entier depuis ma création. Mon nom de trois lettres est immédiatement identifiable dans plus de 160 pays. Je suis l’un de vos compagnons de route indéfectibles depuis les bancs de l’école en passant par la signature de votre contrat de mariage et jusqu’à la rédaction de votre testament… je suis le stylo Bic bien sûr ! 

Simplicité, efficacité, succès du stylo Bic

De la roue au sachet de thé, l’humanité a sporadiquement voué un engouement unanime à quelques inventions simples mais révolutionnaires. Comment pouvait-on vivre de façon décente avant la brosse à dents, la poubelle ou encore le post-it ? Lancé par le baron Bich, industriel franco-italien, en 1949, le Bic Cristal – tel est le nom officiel du stylo Bic – s’est lui aussi installé durablement dans la majorité des foyers de notre planète.

« Le stylo Bic est l’unique exemple du socialisme réalisé… car il annule tout droit à la propriété et toute distinction sociale« , a dit de lui Umberto Eco. Effectivement, son prix très bas, son uniformité et sa praticité en ont fait un outil impersonnel et universel à la fois. On tend un Bic sans se préoccuper de savoir si on le reverra un jour, comme on s’en empare sans se soucier de l’identité de son propriétaire. Le stylo Bic est partout, il est à tout le monde et à personne. Même sa marque est l’une des très rares à être devenue un nom commun.

Le Bic Cristal : un produit et un marketing

La légende veut que le baron Bich eut l’idée du stylo à bille en contemplant une roue de brouette laisser une trace sur le sol en se déplaçant. Il qualifiait lui-même son produit d’« application de la roue à l’écriture ». Les premiers stylos à bille avaient toutefois déjà été inventés, mais leur qualité laissait fortement à désirer.

Tout commença en fait en 1949, lorsqu’il racheta le brevet de Laszlo Biro, le réel inventeur du stylo à bille qui connaitra le succès que l’on sait. Après deux ans de développement, la formule finale d’un stylo enfin fiable, durable et économique est aboutie et lancée sur le marché. Outre la réponse parfaite qu’apporte Bic au besoin de simplifier l’écriture que la plume rend fastidieuse, c’est également une machine marketing très innovante qui est mise en branle. Le nom Bich, tout d’abord, est raccourci à trois lettres afin de mieux pénétrer les esprits et le langage. La collaboration de Raymond Savignac, affichiste, donnera naissance au slogan « elle court elle court la pointe Bic » en 1952 puis au célébrissime bonhomme Bic et sa tête de bille en 1962.

Le premier objet jetable

Le stylo Bic symbolise, par bien des aspects, l’évolution de la France d’après-guerre. Le passage à la production de masse tout d’abord, et son corollaire, la consommation de masse. Le Bic est aussi symptomatique de l’avènement du plastique, qui sera la matière phare de la révolution commerciale de l’époque. C’est également l’exemple type d’une production tournée vers le monde entier plutôt que vers un marché intérieur restreint.

Il s’agit aussi du premier objet jetable, symbole alors d’une facilité et d’une abondance nouvelles et galvanisantes, et dont il est primordial aujourd’hui de repenser le bien fondé et la pérennité face au nouveau défi écologique.

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