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Juan Branco, portrait d’un lobbyiste militant de la liberté d’expression

Juan Branco, âgé de 26 ans, bardé de diplômes (Sciences Po, Normale Sup), est en train de se faire une place parmi les plus influents militants contre les tentatives des puissances occidentales de brider la liberté d’expression.

Juan Branco est né en Espagne, d’une maman psychanalyste et d’un père, Paul Branco, prolifique producteur de cinémas (près de 300 films à son actif dont des œuvres de Manoel de Oliveira ou Raoul Ruiz).

Durant son enfance parisienne, Juan Branco, bercé par l’univers du cinéma populaire ou d’auteur, dévore les « romans-Histoire » de Max Gallo (Napoléon, Hugo, De Gaulle), se passionne pour la politique. Ainsi, au collège, il fait adhérer toute sa famille au Parti socialiste espagnol).

Si Juan voue une admiration profonde pour ses parents, il cherche néanmoins à se défaire de cette ombre tutélaire un peu écrasante. C’est tout naturellement qu’il se tourne vers le monde des idées, à Sciences Po et l’Ecole normale supérieure, tout en suivant des cours de droit et de philosophie politique à la Sorbonne.

Malgré son jeune âge (26 ans) Juan Branco a déjà engrangé pas mal d’expériences toutes marquées par un sens de l’engagement très fort. Sa force : une puissante capacité de travail et une soif inextinguible d’apprendre et de comprendre le monde.

En 2009, il est l’un des fers de lance de la lutte contre la loi création et Internet, jugée « liberticide », qui crée HADOPI (la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet). Juan Branco est à l’initiative d’une lettre dénonçant cette « criminalisation des internautes français » parue dans Libération, signée de personnalités du cinéma, comme les réalisateurs Christophe Honoré, Chantal Akerman, les comédiennes Victoria Abril, Chiara Mastroiani ou Catherine Deneuve, sans oublier un certain producteur de films : Paulo Branco. La boucle est bouclée. Il produira même un essai « Réponses à Hadopi » en 2011 pour formaliser ses arguments contre la loi HADOPI et en faveur de la « licence globale », seul moyen, selon lui, de maintenir l’exception culturelle en invitant les politiques à inventer des nouveaux modes de rétribution des artistes et créateurs.

Juan Branco militant à la dimension internationale

En 2011, Juan Branco se tourne vers les institutions internationales. Il devient assistant du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), en charge de juger les criminels présumés coupables de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. De cette expérience il tire un livre « L’ordre et le monde » qui dépeint les travers de ce tribunal : la lenteur, les faibles résultats, l’opacité de son mode de fonctionnement et pire, sa mise sous influence par les grandes puissances.

Aujourd’hui la nouvelle cause que défend Juan Branco, devenu enseignant à l’université américaine de Yale, prend une dimension médiatique mondiale : il figure parmi les conseillers juridiques de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks. Ce dernier a notamment été sur le devant de l’actualité diplomatico-militaire en publiant vidéos et documents secrets sur les modes d’opérations de l’armée américaine en Irak. Avec son profil de juriste en droit international et son réseau en France, Julian Branco rend visite tous les mois à Assange, réfugié depuis 2012 à l’ambassade d’Equateur à Londres, pour tenter de le conseiller aux côtés d’une batterie d’avocats.

Que ce soit contre HADOPI, les dérives de la CPI ou son combat en faveur de Julian Assange, Juan Branco, à 26 ans, continue son brillant parcours de militant des causes qui fondent son engagement : défendre la liberté d’expression à l’ère d’internet contre les verrous imposés par les Etats.

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