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Jean-Baptiste Rudelle de Criteo, impossible n’est pas français

Jean-Baptiste Rudelle pèse lourd : 2000 employés de San Francisco à Tokyo, 217 millions d’euros de chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2015, et une fortune personnelle évaluée par Challenges à 175 millions d’euros ! Son entreprise de ciblage publicitaire Criteo est l’une des rares françaises à avoir réussi à pénétrer la cour des grands de la « web tech ». C’est une de ces « licornes », un terme utilisé pour les entreprises en hypercroissance dont la valorisation dépasse le milliard d’euros en Bourse.

Jean-Baptiste Rudelle, un parcours à la Steve Jobs

Né en 1969 d’un père artiste peintre et d’une mère chercheuse en sciences politiques, Jean-Baptiste Rudelle n’a pas le parcours classique des grands patrons français. Diplômé de l’école d’ingénieur Supélec et de l’Imperial College London II en sciences des télécommunications, il est rapidement sorti des « chantiers battus » de l’ingénierie et du consulting où il officie quelques années, pour tracer son sillon. Celui d’un entrepreneur « pur jus…un vrai » !

A l’image d’un Steve Jobs, Jean-Baptiste Rudelle fonde sa première entreprise à 26 ans, Kallback, de ses propres mots « un désastre total ». En 1998, il prend un congé de plusieurs mois. Direction les Etats-Unis, d’où il revient avec l’envie de partir à l’assaut du marché de l’Internet mobile. Un an plus tard, il crée avec deux associés Kiwee, une start-up proposant des sonneries, des logos et des jeux par SMS. C’est un succès, revendu en 2004 à l’american Greetings Interactive.

Suite à sa rencontre avec deux anciens ingénieurs de Microsoft, Romain Niccoli et Franck Le Ouay, Jean-Baptiste Rudelle co-fonde en 2005 Criteo, tout en gérant à Paris un bar à salades « bio » avec son épouse. Le site de recommandations de film se transforme au fil des difficultés et recalibrages, en « vendeur de pub ». Criteo tente de prévoir les intentions d’achat des internautes à partir de leur historique de navigation, à l’aide de cookies (ces petits fichiers traqueurs) et du Big Data, ce qui permet d’afficher des publicités ciblées. Une réussite, qui permet en 2013 d’introduire le petit vaisseau français à la bourse de New York.

Un livre qui veut donner envie de créer sa start-up

Fin 2015, dix ans après un premier livre intitulé « Vous avez dit progrès ? Pourquoi votre avocat ne peut plus se payer de baby-sitter », qui s’avèrera aussi être «un échec complet», l’entrepreneur prend à nouveau la plume et signe « On m’avait dit que c’était impossible » (éditions Stock).

Dans cet ouvrage, ce passionné d’échecs confie les clés de succès de sa start-up, sans pour autant taire ses déconvenues. Jean-Baptiste Rudelle y évoque aussi sa fascination pour la Silicon Valley, où le businessman part s’installer en 2008 avec sa femme et ses deux filles. Le «serial entrepreneur», dixit sa biographie sur le site de Criteo, veut donner un visage humain à la culture capitaliste. Pour impliquer ses salariés, il tient à ce qu’ils deviennent tous actionnaires de la société.

Dans plusieurs interviews, le chantre d’un nouvel éco-système français se refuse aussi au « French bashing », vantant la créativité des ingénieurs français, les excellentes infrastructures, mais pointant les « verrous culturels et blocages mentaux ». Jean-Baptiste Rudelle veut encourager les entrepreneurs français à ouvrir leur capital, à se mettre à plusieurs pour réussir et à ne pas avoir peur du « think big », c’est à dire de voir les choses en grand.

Incubateur de « licornes »

En 2012, la famille Rudelle rentre en France et le patron dépose ses valises à Paris, rue Blanche, dans des locaux de R&D de 10 000 m², se classant ainsi deuxième plus grand centre de développement européen après Google Zurich. Jean-Baptiste Rudelle veut promouvoir la France, en créant un fonds d’investissement dans des entreprises technologiques nationales, et prévoit également d’ouvrir un data-center à Shanghai.

Avec le patron de BlaBlaCar Frédéric Mazzella et le cofondateur de Price Minister Pierre Kosciusko-Morizet, Jean-Baptiste Rudelle créé « The Galion Project », un think tank destiné à faire pousser des « licornes ». A l’image des boss de Google Larry Page et Virgin Richard Branson, les papes de la « French tech » organisent leurs séances de brainstorming lors de parties de kite surf, pour montrer que les geeks sont aussi cools et sportifs !

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