Denis Payre – Parcours d’un serial entrepreneur

Denis Payre, figure de la nouvelle économie, transforme en or tout ce qu’il touche. À 44 ans, cet entrepreneur émérite a deux réussites spectaculaires à son actif.

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Sacré « prix de l’internationalisation » par le Nouvel Économiste en 1995, élu « entrepreneur de l’année » par l’édition américaine de Business Week en 1996, classé à deux reprises dans le « Top 25 Technology Europe » du Time Magazine qui recense les chefs d’entreprise européens les plus visionnaires en matière de technologie et d’innovation… Pas de doute, Denis Payre est l’archétype du businessman à qui tout réussit. Contaminé très jeune par le virus des nouvelles technologies, l’homme a deux créations d’entreprise à son actif. L’une est cotée au Nasdaq depuis plus de dix ans, l’autre en passe de conquérir le Vieux Continent. Entrepreneur engagé, Denis Payre a également joué du lobbying en France et dans l’Union européenne pour favoriser l’émergence d’un environnement plus propice à l’entrepreneuriat.
Pour commencer, Denis Payre, diplôme de l’Essec en poche, file aux États-Unis pour effectuer son service dans le cadre de la coopération chez Thomson. De retour en France, en 1988, il se fait embaucher chez Oracle, éditeur de logiciels américain, comme commercial chargé des grands comptes. « L’univers des nouvelles technologies me fascinait. Alors, plutôt que d’intégrer un grand cabinet, j’ai choisi de rejoindre une jeune pousse à forte croissance avec l’idée de créer, à terme, ma propre boîte », raconte-t-il. L’opportunité se présente deux ans plus tard : « L’un de mes collègues, Bernard Liotot, m’avait parlé d’un jeune développeur qui avait mis au point, seul dans son coin, un logiciel performant. Oracle a refusé d’éditer le produit : nous avons saisi notre chance. »

Une levée de fonds de 1,5 million
En 1990, Denis Payre et Bernard Liotot réunissent 100 000 francs chacun pour fonder la société Business Objects, dans laquelle ils s’associent à 50/50 : « Nous avons démarré dans un petit bureau d’une dizaine de mètres carrés et, pendant six mois, nous n’avons perçu aucun salaire. Nous versions des royalties équivalant à 25 % du chiffre d’affaires au concepteur du logiciel. » Mais la période de vaches maigres ne dure qu’un temps. En 1991, les créateurs montent une filiale aux USA et procèdent à leur premier tour de table : « Nous avons récolté 1,5 million d’euros auprès de fonds d’investissement français et de business angels américains », se souvient Denis Payre. Dès lors, l’activité monte en puissance de manière spectaculaire, jusqu’à la consécration en 1994 : « Business Objects était le premier éditeur de logiciels européen à faire son entrée au Nasdaq », rappelle Denis Payre. La société est valorisée à 230 millions de dollars dès le premier jour de cotation, pour un chiffre d’affaires de 30 millions de dollars. « À l’époque, dans notre métier, les Français n’avaient aucune crédibilité. Lors des différentes levées de fonds, il a donc fallu convaincre, en usant parfois de stratagèmes. Nous avons ainsi fait entrer au capital des investisseurs américains et parfois même caché nos origines », s’amuse Denis Payre.
En 1996, alors que l’entreprise réalise environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires, il décide de faire une pause et de privilégier sa vie de famille. « Quand le gouvernement a déplafonné l’ISF, mon patrimoine – constitué à 90 % d’actions – fluctuant en permanence, je n’avais pas de quoi régler la note », déclare amèrement Denis Payre. En 1998, il quitte donc la France pour le « plat pays », après avoir créé l’association Croissance Plus qui réunit des entrepreneurs et milite auprès des pouvoirs publics.
Mais deux ans plus tard, Denis Payre a la bosse des affaires qui le démange à nouveau. Il se lance alors dans une nouvelle aventure, avec un associé, Marc Fourrier. Ce dernier l’a persuadé que, grâce aux nouvelles technologies, il est possible d’optimiser le concept des points relais, ces commerces de proximité (stations-service, épiceries, pressings…) qui servent de lieux de livraison pour les commandes des particuliers passées à distance.

4 600 points kiala en Europe

Pour développer la plate-forme technologique, les deux créateurs réunissent 18 millions d’euros et fondent la société Kiala, dont le premier réseau de points relais est mis en service courant 2001, en Belgique. « La Redoute fut notre premier client », se souvient Denis Payre. Très vite, l’entreprise étoffe son offre. Les points Kiala font office de lieux de livraison de matériel pour les commerciaux nomades et les démonstratrices de vente à domicile. Ils jouent aussi les intermédiaires pour le retour d’appareils défectueux aux services après-vente. Kiala s’impose sans peine dans les pays voisins (France, Hollande, Luxembourg…) et parvient à nouer des partenariats avec les plus grandes enseignes (3 Suisses, Alapage, C Discount…). À ce jour, le réseau compte plus de 4 600 points de livraison en Europe. Un chiffre qui devrait exploser avec l’ouverture de bureaux en Russie, en Angleterre, en Allemagne, en Espagne et en Autriche.

Par Ann-Karen Bartoszewski, le 30/08/2007
source : http://www.tpe-pme.com

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