Alexandre Medvedowsky

Alexandre Medvedowsky, compétitivité et intelligence économique

Ci-dessous l’interview d’Alexandre Medvedowsky, président du directoire d’ESL & Network et impliqué dans la vie politique.

SS : Bonjour Alexandre Medvedowsky, vous avez un profil très riche aussi bien dans le secteur privé que dans le secteur public, pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours ?

Alexandre Medvedowsky : J’ai commencé par des études d’économie à l’Université d’Aix-Marseille avant d’intégrer Sciences Po Paris en 1978. J’ai poursuivi par un DEA de macro-économie à la Sorbonne avant de finir par l’ENA en 1986.

J’ai débuté ma carrière comme Auditeur au Conseil d’Etat en 1986, avant d’être nommé Maître des requêtes en 1989 puis Conseiller d’Etat en 2001. J’ai pu alors intégrer le cabinet d’intelligence économique ESL&Network en 2001 avant d’être nommé Président de la filiale française ESL&Network France en 2005. Je viens de prendre la Présidence du Groupe dans sa totalité depuis le 2 janvier.

Par ailleurs, je suis engagé en politique depuis 1978. Ainsi, j’ai été adjoint au maire d’Aix en Provence, de 1989 à 2001 et de 1990 à 1993, Conseiller Technique auprès de la Présidence de l’Assemblée Nationale et conseiller régional de Provence Alpes Côte d’Azur entre 1992 et 1998. Depuis 1998, je suis élu du Canton de Peyrolles et siège donc au Conseiller Général des Bouches du Rhône. Dans le cadre de ce mandat je suis également Président du Technopôle de l’Environnement Arbois-Méditerranée,entité publique dédiée au développement durable.

(Parcours d’Alexandre Medvedowsky)

SS : Comme vous venez de l’évoquer, vous présidez un cabinet à succès, à l’échelle européenne ESL&Network, pouvez-vous nous présenter cette société ?

Alexandre Medvedowsky : Le Groupe ESL&Network a été créé il y 22 ans pour aider les décideurs publics et privés à mieux maîtriser leur environnement stratégique et à prendre de bonnes décisions sous contrainte. Nous sommes les pionniers en France de l’intelligence économique et nous pratiquons ce métier de manière efficace grâce à la présence de filiales à Paris , Bruxelles et dans certaines capitales européennes et par un réseau de partenaires dans le monde entier.  Nous avons une solide  expertise des réseaux politiques et institutionnels. Nous avons développé une maîtrise particulière de  la stratégie  amont du processus de décision. Le but est vraiment de rendre infime ou inexistante la part d’incertitude dans le questionnement stratégique de  notre client  principalement sur des problématiques liées à la concurrence et aux marchés.

Nos clients sont avant tout des groupes du CAC 40 ou des filiales françaises de grandes holdings internationales, des collectivités publiques et des acteurs institutionnels. Nous visons également les grandes PME.

SS : Depuis les 22 propositions du rapport Gallois, on ne cesse de parler de compétitivité, vous vous parlez régulièrement d’intelligence économique, comment lier vous ces deux problématiques ?

Alexandre Medvedowsky : Je dirais que l’un ne va pas sans l’autre. L’intelligence économique sert la compétitivité car elle a la vertu de déceler les bonnes stratégies au préalable. Aucun acteur, qu’il soit public ou privé, ne peut se passer de méthode de collecte et de traitement d’information pour avoir une perception claire et pertinente de son environnement.  Comment gagner de grands appels d’offres internationaux pour la construction de grandes infrastructures ou centrales nucléaires si l’on n’a pas les informations pertinentes sur ce que font les concurrents ou les méthodes de sélection des offres. ? .

La maîtrise de l’information, la connaissance précise de son environnement sont des éléments essentiels à la compétitivité des entreprises.

(Métier d’Alexandre Medvedowsky)

SS : En tant que conseiller d’Etat honoraire, que pensez-vous de la démarche d’intelligence économique du gouvernement ?

Alexandre Medvedowsky : L’Etat, doit, de même que les entreprises , disposer des outils lui permettant de savoir, d’anticiper, de préparer ses décisions et de se défendre dans le terrain de jeu mondialisé. Chaque ministère peut avoir des éléments de réponse mais ce n’est que par une approche interministérielle, participative et intégrée que l’Etat peut devenir un Etat stratège, capable par exemple de peser sur l’élaboration des normes internationales, ou de faire des choix industriels et financiers conformes à ses intérêts stratégiques.

On est malheureusement très loin du compte aujourd’hui.

Le manque de structures et de volonté politique pénalisent aujourd’hui l’Etat français. Les échanges entre le secteur public et secteur privé demeurent trop aléatoires. La France manque d’anticipation face aux défis futurs et actuels que représentent la désindustrialisation, les transferts de technologie, le numérique,  la régulation, la politique énergétique. Sans stratégie amont claire et opérationnelle, l’Etat a perdu les clés  de son avenir.

SS : Quelle recommandation faites-vous au gouvernement pour faire évoluer cette situation ?

Alexandre Medvedowsky : Le problème actuel, c’est que l’analyse provient pour l’instant du secteur privé, or la vision étatique à cette échelle semble très timide en comparaison. Les grandes entreprises sont munies de puissantes capacités analytiques et ont fini par occuper une très grande partie du terrain de l’intelligence économique. Par exemple, la vision stratégique de la France en matière de politique énergétique est davantage impulsée par les acteurs privés comme Total, EDF et Areva que par l’Etat.

Or, si l’expertise du secteur privé est incontournable, elle doit venir compléter celle de l’Etat et non pas s’y substituer. Or  l’Etat,seul, est  le garant de l’intérêt général. Lui seul peut mettre en place ’une stratégie à long terme réconciliant les logiques particulières avec  la profit  compétitivité de nos pôles industriels.

Des pays tels que les Etats-Unis, ont créé des mécanismes de collaboration, public-privé destinés à recouper et protéger les informations à risque. Ils n’hésitent pas non plus, dans les limites des possibilités établies par la législation, à protéger leurs intérêts économiques comme on l’observe dans les domaines de la certification, de la notation ou de la régulation. Ils nous montrent la voie à suivre

Concrètement, si la France veut compter demain à l’échelle de l’économie mondiale, elle doit pouvoir compter sur un Etat fort et stratège, doté par exemple d’un Haut Conseil d’intelligence stratégique rattaché au Premier Ministre.

Commentaires
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  6. - par Olivier Personnic

    Souvent l’état voit l’IE uniquement dans le sens de la défense et de la protection alors qu’il faut aussi regarder le volet proactif et favoriser « l’attaque » qui se concrétise par ses actions d’influence que peuvent aussi réaliser des PME. Ces actions sont fondamentales pour gagner des nouveaux marchés et je les mets en pratique avec succès auprès des startup du Pays d’Aix comme de Sophia Antipolis et du pôle parisien Systematic. Il s’agit de faire prendre les bonnes décisions aux clients, partenaires, financeurs, etc, de la PME en exerçant des actions d’influence stratégiques. Car elle ne pourra progresser qu’avec ces soutiens que je nomme pour la part « sponsors » de son projet de croissance. Alors elle sera en mesure d’embaucher de nouveaux salariés. J’enseigne cela depuis plusieurs années à Aix-Marseille Université en licence Management des Réseaux et de la Communication. Et ça marche !

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