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Alexandre Krivine : L’entrepreunariat est un moteur de croissance

Le cabinet Ernst & Young, spécialiste international dans l’audit et le conseil a mesuré la performance entrepreunariale des pays du G20. On retient de cette étude que les emplois créés naissent souvent grâce aux secteurs innovants, à la création de nouveaux marchés et entreprises. En 2012, on note que près de 70% des emplois générés seraient dus aux entrepreneurs. En Chine, ce chiffre atteint les 75% tandis qu’aux États-Unis, les entreprises de moins de 5 ans et les start-ups sont responsables de la quasi-totalité de la création d’emploi ces 3 dernières décennies.

Pour confronter ces conclusions avec la réalité des faits, nous avons fait appel à Alexandre Krivine, président et directeur de 3S Photonics, serial-entrepreneur et fondateur de 4 entreprises.

Bref portrait d’Alexandre Krivine

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Après des études d’ingénierie des Systèmes et réseaux en 1992, Alexandre Krivine commence sa carrière au sein du groupe Thomson puis chez Marben (éditeur de logiciels informatiques) en 1993.

Deux ans plus tard il sort du moule salarial et franchit le pas de l’entrepreunariat en créant SkyWorld. A la fin des années 90 c’est l’un des 5 plus importants fournisseurs d’accès à Internet en France (10% de parts de marché). Une fois l’entreprise revendue à Cegetel en 1997, il conçoit Mine & Yours, une plateforme d’information économique en temps réel. Là encore, l’entreprise est revendue, cette fois à Vivendi Corporation. C’est alors en 1999 qu’il crée sa troisième société, Right Vision, leader dans la conception d’appareils Internet en Europe.

Enfin, en 2006, il devient l’un des prescripteurs du marché des composants opto-électroniques pour les réseaux de télécommunication avec la création de 3S Photonics. Cette entreprise en pleine expansion compte 500 employés.

L’analyse de notre invité

Oui, l’entrepreunariat est vecteur de croissance, c’est indéniable. Durant toutes ces aventures j’ai eu la chance de créer de nombreux emplois et de participer au développement de nombreux marchés encore embryonnaires. Je crois à ce pouvoir qu’ont les entrepreneurs de détecter de nouvelles opportunités de croissance, de transformer les idées en business ou encore d’avoir l’audace de tenter certains projets, que les entreprises bien installées auraient tendance à fuir. Les entrepreuneurs sont les incubateurs d’idées dont les pays ont besoin pour progresser et être capable d’innover, même dans des secteurs que l’on croit parfois condamnés. Lier idée et réalité avec agilité, voilà un beau vecteur de croissance.

Les entrepreneurs sont capables de faire, défaire et refaire. D’ailleurs ceux qui ont échoué ou pris des risques sont souvent ceux qui réussissent le mieux par la suite : on apprend toujours du passé pour enrichir le futur.

Régler les problèmes de financement

Dans l’étude d’Ernst & Young ce sont 75% des entrepreneurs français qui estiment avoir des difficultés à trouver des financements. J’ai eu les mêmes problèmes, particulièrement pour monter mes premières structures. Difficile de faire ses preuves ou de convaincre quand on a une super idée et encore rien concrétisé (surtout quand on est jeune…). Les banques sont frileuses, les potentiels partenaires inquiets. Heureusement, quelques nouvelles solutions pourraient participer à la résolution de ce problème. Je pense particulièrement aux récentes demandes de modification des conditions d’obtention des prêts bancaires, à l’accroissement des pratiques de crowdfunding, à la micro-finance ou encore au corporate venture, encore jeunes en France.

The power of three

the power of three

Heureusement une simplification du cadre des créations d’entreprise est en marche. Mais qu’en est-il des nombreux freins comme la fiscalité ? On peut rappeler qu’en France la fiscalité sur le travail est deux fois supérieure à celle de la moyenne des pays du G20 !

Mais là où les entrepreuneurs peuvent devenir de vraies machines à croissance économique c’est en se coordonnant de manière plus systématique avec les grandes entreprises et les gouvernements. Ce dialogue est nécessaire à une re-dynamisation de nos croissances plates ,voire négatives.

C’est en travaillant sur un écosystème soutenu par les grandes entreprises, développée et appuyé par le gouvernement que l’on pourra améliorer les performances de nos entrepreneurs, et plus largement les répercutions sur l’économie globale.

Les transferts de technologies et partenariats aident les entrepreneurs à être plus compétitifs sur les marchés, à développer ses compétences techniques et à renforcer ses implantations, mais cela ne remplace pas une entente primordiale avec les institutions gouvernementales et les grands acteurs en présence.

Merci à Alexandre Krivine pour son regard sur l’évolution de l’entrepreunariat et son implication indéniable dans la croissance, en France ou à l’international. Les leaders des pays du G20, nous l’avons compris, doivent être à l’écoute de tous les acteurs économiques et pas seulement quand ils pèsent des milliards d’euros sur l’échiquier financier.

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